{"id":66,"date":"2014-09-16T17:17:03","date_gmt":"2014-09-16T16:17:03","guid":{"rendered":"http:\/\/elogedelasuite.wordpress.com\/?page_id=66"},"modified":"2023-03-04T10:06:24","modified_gmt":"2023-03-04T15:06:24","slug":"le-film","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=66","title":{"rendered":"Pourquoi ce film ?"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_2473\" style=\"width: 360px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/affiche-Sur-les-traces-dHenri-Laborit-v2-flattened-contrast\u00e9-avec-Cr\u00e9dit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2473\" class=\"wp-image-2473 size-full\" src=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/affiche-Sur-les-traces-dHenri-Laborit-v2-flattened-contrast\u00e9-petite.jpg\" alt=\"affiche - Sur les traces d'Henri Laborit - v2 - flattened - contrast\u00e9 - petite\" width=\"350\" height=\"530\" srcset=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/affiche-Sur-les-traces-dHenri-Laborit-v2-flattened-contrast\u00e9-petite.jpg 350w, http:\/\/www.elogedelasuite.net\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/affiche-Sur-les-traces-dHenri-Laborit-v2-flattened-contrast\u00e9-petite-198x300.jpg 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2473\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;image de Varela et Laborit au bas de l&#8217;affiche est tir\u00e9e de la sc\u00e8ne correspondante dans le film, une vid\u00e9o tourn\u00e9e en 1992 par Mich\u00e8le Duzert qui m&#8217;a autoris\u00e9 \u00e0 l&#8217;utiliser et que je remercie ici.<\/p><\/div>\n<p class=\"entry-title\">&lt; <strong>MISE \u00c0 JOUR DU 21 MAI 2016<\/strong> : <em>Sur les traces d\u2019Henri Laborit <\/em>est\u00a0 <strong><a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?p=3006\">maintenant en ligne ici (en 6 morceaux)<\/a><\/strong>\u00a0 et <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?p=3581\">l\u00e0 (en un seul morceau !)<\/a>.&gt;<\/p>\n<p class=\"entry-title\" style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>Pour l&#8217;explication la plus \u00e0 jour de ce work-in-progress que constitue le film &#8220;Sur les traces d&#8217;Henri Laborit&#8221;, <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?p=2470\">voir ici l&#8217;article \u00e9crit le 9 d\u00e9cembre 2015<\/a>.<\/p>\n<p>Le texte qui suit, qui d\u00e9crit la gen\u00e8se et le tournage du film, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 lors du <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?p=894\">lancement du site<\/a> le 21 novembre 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout a commenc\u00e9 avec\u2026\u00a0\u00bb Avec quoi au juste ? Tout est l\u00e0. Je veux dire\u00a0: tout le sujet du film est l\u00e0, carr\u00e9ment ! Car l\u2019origine de ce film, mon origine et l\u2019origine de la vie m\u00eame s\u2019y entrecroiseront constamment.<\/p>\n<p>Mais comme il faut bien commencer cette pr\u00e9sentation quelque part, prenons pour acquis que cet individu appel\u00e9 Bruno Dubuc existe depuis quelques d\u00e9cennies. Comme tous les humains, il a subi toutes sortes d\u2019influences qui l\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 faire ce qu\u2019il fait aujourd\u2019hui pour \u00ab\u00a0gagner sa vie\u00a0\u00bb. Les humains ont en effet ceci de particulier qu\u2019ils doivent \u00e9changer du temps pass\u00e9 \u00e0 faire quelque chose (qui ne leur pla\u00eet pas toujours) contre de d\u2019argent qui s\u2019\u00e9change g\u00e9n\u00e9ralement contre un toit et de la nourriture\u2026<\/p>\n<p>Dans le cas de l\u2019individu qui nous int\u00e9resse ici, il a de la chance puisque ce qu\u2019il fait pour gagner sa vie correspond \u00e0 une qu\u00eate fondamentale qu\u2019il a depuis l\u2019adolescence\u00a0: essayer de se comprendre. Et depuis que ses lectures d\u2019un certain Henri Laborit au d\u00e9but de la vingtaine lui ont fait comprendre que ce \u00ab\u00a0se\u00a0\u00bb correspondait \u00e0 son cerveau, eh bien il essaie de comprendre ce cerveau. (bon, il a depuis appris \u00e0 tenir compte de son corps et de l\u2019environnement o\u00f9 il \u00e9volue dans cette qu\u00eate, influenc\u00e9 depuis par un autre personnage de ce projet de film, <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=108\">Francisco Varela<\/a>, mais nous y reviendrons sous peu\u2026)<\/p>\n<p>Et donc il a \u00e9tudi\u00e9 en neurobiologie et a con\u00e7u un site web sur le sujet (le Cerveau \u00e0 tous les niveaux, au <a href=\"http:\/\/www.lecerveau.mcgill.ca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.lecerveau.mcgill.ca<\/a>) qui l\u2019am\u00e8ne quotidiennement \u00e0 expliquer \u00e0 ses contemporain.e.s les avanc\u00e9es dans ce domaine. Et comme cette \u00ab\u00a0vocation\u00a0\u00bb est en grande partie due \u00e0 Laborit, il lui avait d\u00e9di\u00e9 ce site web.<\/p>\n<p>Revenons au \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb (parce que le \u00ab\u00a0trip\u00a0\u00bb de la 3<sup>e<\/sup> personne atteint ici ses limites)\u2026<\/p>\n<p>Un beau jour, il y a quelques ann\u00e9es, je re\u00e7ois un courriel d\u2019une dame, <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=108\">H\u00e9l\u00e8ne Trocme-Fabre<\/a>, qui me f\u00e9licite pour mon site. Elle ajoute au passage qu\u2019elle a connu personnellement Henri Laborit lors de ses fr\u00e9quents passages \u00e0 La Rochelle, en France, o\u00f9 elle habite. Pour faire une histoire courte (car c\u2019est l\u2019art du cin\u00e9ma de concentrer la vie\u2026), je lui fais \u00e9videmment une belle r\u00e9ponse et nous nous mettons \u00e0 correspondre par courriel. Au fil de notre correspondance, je d\u00e9couvre qu\u2019elle est \u00e9galement la co-traductrice en fran\u00e7ais de <em>L\u2019arbre de la connaissance, <\/em>un ouvrage de Francisco Varela et de Humberto Maturana qui m\u2019avait beaucoup marqu\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant. En fait, Varela vient probablement bon deuxi\u00e8me dans la pas si longue liste de mes influences intellectuelles marquantes.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de l\u00e0, tout va d\u00e9bouler tr\u00e8s vite, comme on dit. H\u00e9l\u00e8ne va me faire conna\u00eetre son amie <a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=108\">Mich\u00e8le Duzert<\/a> qui enseigne \u00e0 Rennes et qui, elle aussi, a personnellement connu et Laborit, et Varlela ! Cette derni\u00e8re, avec qui j\u2019entreprends alors \u00e9galement une correspondance, va m\u2019apprendre ce qui va constituer le v\u00e9ritable point de d\u00e9part de ce projet\u00a0: une rencontre qu\u2019elle a organis\u00e9e en 1992 au laboratoire de Laborit entre celui-ci, Varela et 3-4 autres personnes. Et puis ceci, qui m\u2019a jet\u00e9 en bas de ma chaise\u00a0: cette rencontre est la seule connue entre mes deux \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb et a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e par elle et jamais diffus\u00e9e !<\/p>\n<p>Non seulement \u00e7a, elle ajoute que ce fut un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0clash\u00a0\u00bb o\u00f9 les deux hommes ne se sont pas, mais alors l\u00e0 pas du tout compris ! Imaginez l\u2019obsession qui na\u00eet alors dans mon petit cerveau\u00a0: \u00ab\u00a0je veux voir cette vid\u00e9o, je veux voir cette vid\u00e9o, je veux voir cette vid\u00e9o\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 peine quelques mois plus tard, comme si ce n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9j\u00e0 assez, je re\u00e7ois un courriel d\u2019une autre dame, Caroline Carrat, toujours \u00e0 cause de la d\u00e9dicace \u00e0 Laborit sur mon site, qui me dit comme \u00e7a\u00a0: \u00ab\u00a0Je l\u2019ai connu, d\u2019ailleurs ici \u00e0 Lurs, o\u00f9 il avait sa maison de campagne, il y a encore plein de monde qui l\u2019ont connu et qui pourraient vous en parler\u2026 Et \u00e7a me ferait plaisir de vous les pr\u00e9senter\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc comment, \u00e0 partir de ces quelques mois de l\u2019automne 2010, je savais que je ferais un film \u00ab\u00a0autour\u00a0\u00bb de tout \u00e7a\u2026 Je ne savais pas quand, mais je savais que je le ferais, comme je l\u2019ai su \u00e0 un moment donn\u00e9 pour les quatre longs m\u00e9trages que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment de fa\u00e7on ind\u00e9pendante (voir au <a href=\"http:\/\/www.brunodubuc.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.brunodubuc.net<\/a>).<\/p>\n<p>Mais bient\u00f4t, des dates se sont mises \u00e0 clignoter dans ma t\u00eate\u00a0: 2014, qui sera le centenaire de la naissance d\u2019Henri Laborit ; 2015, qui sera le vingti\u00e8me anniversaire de sa mort ; et mars 2015 o\u00f9 je passerai moi-m\u00eame, mine de rien, le cap du demi-si\u00e8cle\u2026<\/p>\n<p><strong>Le tournage de juillet 2012<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2012, je d\u00e9cide de planifier un s\u00e9jour d\u2019un mois en France en juillet pour compl\u00e9ter le tournage de mon dernier film <em>La fin des vacances<\/em>. J\u2019informe alors H\u00e9l\u00e8ne, Mich\u00e8le et Caroline de mon passage sur le sol fran\u00e7ais et re\u00e7oit coup sur coup autant d\u2019invitations \u00e0 aller les saluer pour la premi\u00e8re fois en personne. J\u2019ose alors leur demander si elles auraient des objections \u00e0 ce que je filme les \u00e9changes que nous aurons forc\u00e9ment sur Laborit et Varela. Aucune objection.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc comment je suis parti au d\u00e9but du mois de juillet 2012 avec un itin\u00e9raire digne d\u2019un rallye. Celui-ci m\u2019a amen\u00e9 d\u2019abord dans le Cantal car entre-temps (un bonheur n\u2019arrive jamais seul\u2026) une autre personne, Fran\u00e7ois S\u00e9bastianoff, m\u2019avait \u00e9crit toujours pour la m\u00eame raison (la d\u00e9dicace \u00e0 Laborit sur mon site) et voulait lui aussi m\u2019accueillir pour me parler de Laborit !<\/p>\n<p>Puis ce fut le tournage de <em>La fin des vacances<\/em> en Haute-Provence qui m\u2019a amen\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 Lurs o\u00f9 Caroline m\u2019a fait rencontrer Fran\u00e7ois Grisolle (ancien restaurateur du village et \u00ab\u00a0fils adoptif\u00a0\u00bb de Laborit, Olivier Peray, le fils d\u2019Edmond Peray (ami d\u2019enfance de Laborit avec qui il a peint toute sa vie), et une amie des enfants de Laborit. Tout ce beau monde a accept\u00e9 d\u2019\u00eatre film\u00e9 et m\u2019ont fait des confidences \u00e9mouvantes sur Laborit.<\/p>\n<p>Puis ce fut le s\u00e9jour \u00e0 La Rochelle o\u00f9 H\u00e9l\u00e8ne m\u2019a parl\u00e9 de son \u00e9tonnante trajectoire de linguiste pionni\u00e8re des sciences du cerveau en France (elle est, comme M. S\u00e9bastianoff, octog\u00e9naire). J\u2019ai aussi eu le privil\u00e8ge, gr\u00e2ce \u00e0 elle, de rencontrer l\u2019un des plus fid\u00e8les amis de Laborit, Claude Greni\u00e9, qui a \u00e9crit le <em>Derniers entretiens<\/em> avec Laborit publi\u00e9 \u00e0 titre posthume en 1996. Greni\u00e9 m\u2019a re\u00e7u chez lui et c\u2019est un \u00eatre absolument passionn\u00e9 et passionnant sur l\u2019\u0153uvre de Laborit qui m\u2019a parl\u00e9 durant deux heures lui aussi devant la cam\u00e9ra.<\/p>\n<p>Le tout s\u2019est termin\u00e9 \u00e0 Rennes o\u00f9 Mich\u00e8le Duzert m\u2019a re\u00e7u et racont\u00e9, toujours devant la cam\u00e9ra, son parcours atypique de prof de gym devenue l\u2019une des praticiennes les plus audacieuses des enseignements de Varela dans une \u00e9cole de commerce ! Et, bien s\u00fbr, elle m\u2019a montr\u00e9 la fameuse bande vid\u00e9o de la rencontre Laborit \/ Varela\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai donc eu l\u2019opportunit\u00e9 de faire ces tournages suite \u00e0 l\u2019invitation spontan\u00e9e de tous ces gens lors de ce passage en France en juillet 2012. Mais j\u2019ai saisi cette chance, et comme on dit, \u00ab\u00a0je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u\u00a0\u00bb\u2026 Je me retrouve en effet avec presqu\u2019une quinzaine d\u2019heures de rushes d\u2019une richesse incroyable et un projet qui peut partir dans tellement de directions que \u00e7a me donne le vertige ! D\u2019o\u00f9 les mois de travail n\u00e9cessaires qui m\u2019attendent pour donner une forme \u00e0 tout cela.<\/p>\n<p><strong>La \u00ab\u00a0pi\u00e8ce manquante du puzzle\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Il vous manque encore en effet une pi\u00e8ce importante du puzzle pour comprendre \u00e0 quel point ces parcours entrelac\u00e9s peuvent se tricoter de fa\u00e7ons multiples et diverses. Cette pi\u00e8ce, elle s\u2019appelle Roland, Roland Bibeau. Roland est n\u00e9, hasard extraordinaire, exactement comme Laborit, en 1914. Mais pas \u00e0 Hano\u00ef, au Vietnam, comme le biologiste fran\u00e7ais fils d\u2019un m\u00e9decin de la Coloniale. Non, Roland est n\u00e9 \u00e0 St-Hyacinthe, au Qu\u00e9bec, d\u2019un p\u00e8re et d\u2019une m\u00e8re qui s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s \u00e0 l\u2019usine de textile Penman\u2019s de la ville.<\/p>\n<p>\u00c0 15 ans, Roland a commenc\u00e9 \u00e0 travailler lui aussi \u00e0 la Penman\u2019s de St-Hyacinthe et allait y passer environ les 35 ann\u00e9es suivantes de sa vie. Roland et sa conjointe Lucienne ont eu sept enfants, dont la plus vieille se nomme Micheline. Micheline a rencontr\u00e9 Gilles, son futur \u00e9poux, sur une all\u00e9e du bowling de la rue Ste-Anne, \u00e0 St-Hyacinthe (voir mon court m\u00e9trage <em>Absence de n\u00e9cessit\u00e9<\/em> pour le r\u00e9cit de cette rencontre). Et finalement, vous commencez peut-\u00eatre \u00e0 vous en douter, Micheline a eu quatre enfants, dont le plus vieux s\u2019appelle Bruno\u2026<\/p>\n<p>Roland \u00e9tait donc mon grand-p\u00e8re, et c\u2019est celui de mes quatre grands-parents dont j\u2019\u00e9tais le plus proche. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2002 mais j\u2019ai pu, lors d\u2019\u00e9v\u00e9nements familiaux quelques ann\u00e9es avant sa mort, le filmer un peu. J\u2019ai aussi, depuis un an ou deux, effectu\u00e9 quelques tournages avec ma m\u00e8re et deux de ses s\u0153urs, par exemple au cimeti\u00e8re o\u00f9 est enterr\u00e9 Roland, ou dans un mus\u00e9e de textile \u00e0 Ulverton, en Estrie, o\u00f9 l\u2019on expose des machines en tout point similaires \u00e0 celles qu\u2019il y avait \u00e0 la Penman\u2019s.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc comment l\u2019histoire de Roland, que je pourrai raconter avec ce mat\u00e9riel, permettrait d&#8217;une part d&#8217;illustrer certains concepts mis de l&#8217;avant par Laborit (comme la fuite, la lutte ou l&#8217;inhibition de l&#8217;action), et d&#8217;autre part de faire un parall\u00e8le pour le moins contrast\u00e9 entre la vie de Laborit, qui allait tant influencer mon destin, et celle de Roland, qui allait non pas l\u2019influencer mais tout simplement le rendre possible !<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 j\u2019en suis et ce que j\u2019envisage maintenant de faire<\/strong><\/p>\n<p>Il est clair pour moi que je ne veux pas essayer de faire un film \u00ab\u00a0sur\u00a0\u00bb Laborit (consid\u00e9rant l\u2019ampleur insoup\u00e7onn\u00e9 qu\u2019a finalement pris ce site web) ou \u00ab\u00a0sur\u00a0\u00bb Varela (un superbe film, \u00ab\u00a0Monte Grande, what is life ?\u00a0\u00bb, existant d\u00e9j\u00e0), mais bien \u00ab\u00a0autour\u00a0\u00bb de ces deux personnages, qui ont \u00e9t\u00e9 pour ainsi dire des \u00ab\u00a0attracteurs \u00e9tranges\u00a0\u00bb pour les diff\u00e9rents personnages du film. Ce concept d\u2019attracteur \u00e9trange de la physique du chaos me donne l\u2019occasion de souligner que j\u2019aimerais que la forme m\u00eame de ce r\u00e9cit s\u2019inspire des concepts cl\u00e9s de ses deux personnages principaux, un peu comme les diff\u00e9rents niveaux d\u2019organisation du vivant si chers \u00e0 Laborit ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019ergonomie m\u00eame de la navigation du site web le Cerveau \u00e0 tous les niveaux au <a href=\"http:\/\/www.lecerveau.mcgill.ca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.lecerveau.mcgill.ca<\/a> et en fait, de l\u2019avis de plusieurs, son originalit\u00e9.<\/p>\n<p>Je pense par exemple ici \u00e0 cette \u00ab\u00a0logique circulaire\u00a0\u00bb, si importante pour Varela, qui m\u2019inspire d\u00e9j\u00e0 des allers-retours constants entre les diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements qui ont marqu\u00e9 ces parcours individuels qu\u2019on va voir s\u2019entrecroiser dans le film. Le concept de \u00ab\u00a0d\u00e9rive\u00a0\u00bb \u00e9galement, du m\u00eame Varela, moins au sens premier phylog\u00e9n\u00e9tique comme il l\u2019employait, c\u2019est-\u00e0-dire comme moteur d\u2019\u00e9volution alternatif \u00e0 la s\u00e9lection naturelle darwinienne, mais comme d\u00e9rives ontog\u00e9n\u00e9tiques, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une vie, quand de petites bifurcations que l\u2019on prend un peu au hasard infl\u00e9chissent \u00e0 jamais notre destin.<\/p>\n<p>Le travail qui m\u2019attend consiste donc \u00e0 suivre ces nombreuses pistes et \u00e0 essayer d\u2019identifier les points de contact, les ponts permettant de passer d\u2019une vie \u00e0 l\u2019autre d\u2019une mani\u00e8re refl\u00e9tant le plus possible les grandes id\u00e9es de Laborit et Varela. Impossible ici de ne pas penser au film d\u2019Alain Resnais, <em><a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=393\">Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/a><\/em>, qui r\u00e9ussit si bien \u00e0 int\u00e9grer les th\u00e9ories de Laborit sur l\u2019inhibition de l\u2019action \u00e0 l\u2019histoire de ses trois personnages principaux. Loin de moi l\u2019id\u00e9e de m\u2019y comparer, mais comme c\u2019est le seul film sur Laborit connu du grand public, Grand prix sp\u00e9cial du jury \u00e0 Cannes en 1980 de surcro\u00eet, cela demeure une r\u00e9f\u00e9rence incontournable.<\/p>\n<p>De nombreux documents papiers sur Laborit m\u2019ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s par son ami Claude Greni\u00e9, et je sais qu\u2019ils regorgent d\u2019information m\u00eame si je n\u2019ai eu le temps que de les survoler \u00e0 date. M\u00eame chose pour les dossiers de documents num\u00e9riques que j\u2019entretiens depuis des ann\u00e9es sur Laborit (et qui sont loin encore d\u2019\u00eatre tous int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 ce site) et Varela\u00a0: des heures de plaisir m\u2019attendent \u00e9galement de ce c\u00f4t\u00e9. Sans parler des notes et photos que j\u2019ai prises lors de mes deux passages aux Archives Henri Laborit \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Henri Mondor, \u00e0 Cr\u00e9teil, en banlieue parisienne, les deux fois que j\u2019y suis all\u00e9, en janvier 2009 d\u2019abord, puis en juillet 2012.<\/p>\n<p>Ce qui m\u2019attend pour le montage du film est donc essentiellement un travail de d\u00e9broussaillage, de s\u00e9lection et de mise en forme pour arriver \u00e0 structurer cette histoire tr\u00e8s personnelle. Personnelle non seulement parce que je parle de ma famille, mais aussi parce qu\u2019elle concentre tout ce qui a anim\u00e9 jusqu\u2019ici ma courte vie\u00a0: ma passion pour la science, pour la comprendre et pour la rendre accessible au plus grand nombre, et le fait de pouvoir le faire avec des images et des sons, cet art qu\u2019on appelle le cin\u00e9ma et qui, dans ma d\u00e9marche, est un peu une sorte de miroir dans lequel on se regarde traverser l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>Mais cette histoire, j\u2019ose croire qu\u2019elle sera aussi universelle par sa qu\u00eate des origines, par son enqu\u00eate sur les bifurcations qui forgent le parcours de tout individu. Et bien s\u00fbr, dans le cas qui nous int\u00e9resse ici, le film s\u2019ouvrirait par cette \u00e9nigmatique rencontre film\u00e9e en 1992 entre Laborit et Varela, pour ensuite faire un grand bond en arri\u00e8re en 1914, date pour le moins importante dans la petite histoire de mon existence\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est ce travail, consid\u00e9rable, que j\u2019aimerais pouvoir r\u00e9aliser dans les mois ou les ann\u00e9es qui viennent, d\u00e9pendamment si je peux recueillir des fonds pour me lib\u00e9rer du temps ou pas (ce qui m\u2019obligera \u00e0 faire plus de conf\u00e9rences, mon nouveau gagne-pain, pour vivre).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/?page_id=841\">La section suivante sur le financement<\/a> explique comment vous pouvez contribuer au film \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p>BRUNO DUBUC<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&lt; MISE \u00c0 JOUR DU 21 MAI 2016 : Sur les traces d\u2019Henri Laborit est\u00a0 maintenant en ligne ici (en 6 morceaux)\u00a0 et l\u00e0 (en un seul morceau !).&gt; * * * Pour l&#8217;explication la plus \u00e0 jour de ce work-in-progress que constitue le film &#8220;Sur les traces d&#8217;Henri Laborit&#8221;, voir ici l&#8217;article \u00e9crit le &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-66","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/66","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=66"}],"version-history":[{"count":16,"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/66\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4419,"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/66\/revisions\/4419"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.elogedelasuite.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=66"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}