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Laborit rencontre Fernand Seguin : une entrevue mémorable (suite et fin)

Sel de la science-HLTel qu’annoncé la semaine dernière, voici donc la suite de l’entrevue avec Laborit tiré du livre « Le sel de la semaine », un recueil de sept entretiens que Fernand Seguin avait eu avec des personnalités internationales à la télévision de Radio-Canada de 1965 à 1970.

Rappelons d’abord que Fernand Seguin (1922-1988), qui fut d’abord biochimiste, fut un pionnier de la vulgarisation scientifique au Québec qui a marqué des générations d’auditeurs et de téléspectateurs. Pour prendre la mesure du personnage et de sa passion contagieuse pour la science et le savoir en général, voir l’article de Luc Dupont intitulé Le dernier voyage de Fernand Seguin.

Après vous avoir présenté des extraits marquants des 7 premières pages (sur 14 en tout) de l’entrevue la semaine dernière, en voici donc quelques autres tirés des 7 dernières pages. Chaque page est accessible en cliquant sur le lien correspondant.

À la page 97, Laborit ce que représente la recherche pour lui : quelque chose qui part d’une motivation existentielle profonde.Sel de la science8-ex

Après avoir abordé à la page 98 des aspects plus concrets de la recherche, comme le financement d’un laboratoire sans le soutien de l’État, comme c’était le cas pour le laboratoire de Boucicaut, Seguin demande à Laborit, à la page 99, de lui expliquer le contexte des cours qu’il a donnés pendant plusieurs années à l’université de Vincennes dans la foulée de mai ’68.

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Ce qui m’a personnellement marqué en lisant ce passage, c’est de constater à quel point cette expérience se rapproche de celle de l’Upop Montréal à laquelle j’ai pu contribuer depuis ses débuts il y a cinq ans maintenant, notamment avec la série de cours “Parlons cerveau” autour de Laborit : même diversité de public dans le spectre politique large qu’on pourrait qualifier de gauche, même soif d’apprendre et, comme le souligne aussi Laborit dans le passage suivant de la page 100, même désir d’échanger et de se comprendre même si ce n’est pas toujours facile.

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Car comme Laborit le répète à la page 101, pour lui les sociétés ne peuvent évoluer que lorsque l’information est largement distribuée (et non concentrée et diffusée de haut en bas) et que les différents acteurs sociaux progressistes peuvent se parler directement, se réseauter et agir de concert.

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Mais pour qu’advienne cette évolution sociale, il faut briser le cercle vicieux de l’éducation qui ne fait que reproduire les schémas existants sans s’intéresser le moins du monde, comme le rappelle encore une fois Laborit à la page 102, de la façon dont fonctionne un cerveau humain d’homme ou de femme (car bien sûr, à l’époque, quand on parlait de l’homme, on voulait dire l’Homme avec un grand H, c’est-à-dire l’être humain).

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Finalement, l’entrevue se termine comme il se doit à la page 103 par cet éloge de la fuite dans l’imaginaire que prônait Laborit avec, toujours, cette ironie grinçante…

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