Éducation/Inhibition de l'action/Mon oncle d'Amérique

Une BD récente sur Laborit et l’inhibition de l’action en milieu scolaire !

HL BD RissoDominique, un lecteur du site, me signale une autre BD sur l’inhibition de l’action après celle de la revue Psychologie en mars 1982. Il m’écrit :

« Je me suis rappelé un petit essai, sous forme de BD, commis par un enseignant, directeur d’école, qui connut, l’année dernière, son lot de soucis à cause de ses dessins humoristiques iconoclastes.

C’est une adaptation très libre des recherches de Laborit appliquées à un tas de situations ubuesques, devenues banales tellement elles sont récurrentes, dans le petit monde de l’enseignement, sous la bannière de l’Éducation Laborit.

Certains de ses supérieurs hiérarchiques ont voulu avoir sa peau, Jacques Risso a passé de très mauvais moments. Il fut soutenu par plusieurs centaines de personnes. Les tribunaux ont débouté ses supérieurs.

L’Éducation Nationale a encore joué, une fois de plus, minable dans cette affaire, ne voulant pas reconnaître les excès d’autoritarisme (et de pure imbécilité) de certains de ses cadres. Ils n’en sortent vraiment pas grandis dans cette affaire.

Ce genre de situation est traité dans les travaux de Laborit, bien sûr, et magnifiquement illustré dans ce grand film “Mon oncle d’Amérique“. »

Autre preuve, s’il en fallait encore, du caractère on ne peut plus actuel de l’œuvre de Laborit !

Mais pour en revenir à la BD de Jacques Risso, elle est très belle, tant au niveau du dessin qu’au niveau du scénario, particulièrement pédagogique.

« Jacques Risso est enseignant depuis 31 ans et directeur de l’école primaire de Rustrel depuis 25 ans. Dans le  Vaucluse, il est connu pour ses talents de dessinateur. Sur son site, il aime croquer avec humour les situations auxquelles peuvent être confrontés les directeurs et directrices d’école. Derrière ses dessins, il pose la question plus sérieuse du statut du directeur d’école, dont la fonction tampon n’est pas toujours évidente au quotidien. »

L’article d’où provient l’extrait précédent montre effectivement que cet esprit critique ne semble pas toujours plaire à la hiérarchie de l’Éducation nationale française… Mais difficile sans doute pour Risso de faire autrement s’il est capable de comprendre aussi clairement qu’il l’expose dans dans sa BD les effets néfastes de l’inhibition de l’action sur la santé !

La BD est constituée de 5 planches que l’on peut consulter sur le site de l’auteur en cliquant sur chacune des liens ou des images suivantes.

BD Risso1La première planche plante le décor de l’histoire : une institutrice confie à son collège qu’elle se sent angoissée à l’idée de reprendre son travail à la rentrée.

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Dans la deuxième planche, son collègue lui explique que devant un danger, réel ou perçu, un organisme vivant a une réaction instinctive de survie qui prépare son corps à fuir ou à lutter contre ce qui l’agresse.

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La troisième planche explique la troisième option : quand on ne peut ni fuir ni lutter, il ne reste qu’à attendre que la menace passe malgré la tension. Or, dans nos vies modernes, les menaces psychologiques ne passent pas toujours. Voilà le problème…

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Dans la quatrième planche, Risso rappelle en citant Laborit que les souvenirs de nos expériences plaisantes ou déplaisantes, qui font naître nos émotions, peuvent aussi nous mettre en inhibition de l’action.

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Et dans la cinquième planche, Risso complète l’explication, amorcée dans la planche précédente, de la fameuse expérience de Laborit avec le rat dans une cage qui reçoit de petites décharges électriques plantaires, expérience que l’on voit aussi dans le film Mon oncle d’Amérique. Et pour ne pas sombrer dans l’angoisse de l’inhibition de l’action, l’auteur rappelle qu’il faut agir et que cette action peut prendre bien des formes, y compris dessiner des BD !

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