Agressologie/Laboratoire Boucicaut

Les laboratoires et la revue de Laborit : agressologie ou eutonologie

France janvier 2009 567 petiteJ’ai cherché une « logique » linéaire pour présenter le contenu de ce site sur Henri Laborit. Mais en vain, puisque le moindre processus vivant suit une logique circulaire, avec d’innombrables boucles de rétroaction, comme l’a si bien montré Laborit. Alors imaginez le récit d’une vie aussi remplie que celle de Laborit et des nombreux parcours qui l’ont croisé ! Le résultat à tout moment s’apparente donc à un réseau complexe ou de multiples éléments entretiennent des liens entre eux. Une « structure », dirait Laborit.

Tout ça pour dire que j’ai renoncé assez vite à ma logique de présentation linéaire (bien que j’aurais pu la défendre avec de bons alibis langagiers, comme Laborit aurait également dit…), au profit d’articles qui sont des petites « sous-structures » de l’ensemble.

Celui-ci s’articule autour d’un court texte qui m’a été envoyé par Marie Larochelle, dont Laborit fut co-directeur de sa thèse de doctorat intitulée « La pertinence et la faisabilité de la transmission d’une grille biopédagogique. » (Université Laval, Québec, 1984). Cette courte note qu’on peut lire ici, Laborit la présente pour clarifier l’ambivalence entre deux termes cherchant à décrire la nature de ses travaux : agressologie et eutonologie. La note étant concise et claire, je vous laisse le soin de découvrir la nuance entre les deux termes.

Peut-être simplement ajouter qu’Agressologie, qui « se trouve actuellement annexée dans tous les Abstracts mondiaux », était donc également le titre de la revue scientifique fondée par Laborit qui fut publiée de 1958 à 1983. On peut lire ici les titres de tous les articles publiés par Laborit dans Agressologie.

Toujours concernant cette revue, elle est brièvement présentée dans un articles du blogue « Le conflit » qui recence diverses publications sur différents aspects de cette notion au sens large (agression, violence, etc.). Je recopie ici la partie centrale de cet articles sur Agressologie qui inclut un témoignage éclairant de Bernard Weber, responsable de la revue.

 

« La revue Agressologie, Revue internationale de physiologie et de pharmacologie appliquée aux effets de l’agression, créée par Henri LABORIT, a fourni de 1958 à 1993, à un public composé surtout d’anesthésistes, une information de première main sur les recherches les plus avancées sur les processus bio-chimiques et physiologiques en jeu dans les situations d’urgence dont la gravité menace à court terme les fonctions vitales. B WEBER, responsable de la revue, relate cette expérience éditoriale, mettant en relief les conflits d’ordre intellectuel que les idées généralistes du fondateur a suscité.

« Son comité de rédaction est international (jusqu’aux spécialistes en  Europe de l’Est…), appuyé sur le réseau d’amis de LABORIT que ses travaux sur le choc et l’hibernation artificielle ont amené dans de nombreux pays (…). SELYE pourtant refuse son patronage, non pas qu’il récuse les résultats de LABORIT ; mais il craint de voir s’installer une confusion entre le « stress », syndrome non spécifique, d’apparition lente, résultant d’agressions minimes et répétées, caractérisés par des lésions histologiques d’une part et le ROPA (Réaction Organique à l’Agression), d’évolution rapide, mettant immédiatement en jeu le pronostic vital d’autre part : les deux comportent en effet une séquence hypophyso-cortico-surrénalienne. (…). Internationale se veut aussi la diffusion ; ce sera un peu plus tard la seule revue médicale – et probablement biologique – dont les résumés sont systématiquement traduits en Français ou Anglais (…). La ligne éditoriale suit bien évidemment la progression des travaux du laboratoire d’eutonologie, à (l’hopital) Boucicaut, d’autant plus que dès la deuxième année de parution, les cliniciens proposent un tel nombre d’articles, certains contestant en outre l’intérêt de la vision généraliste que défend LABORIT, que des anesthésistes fondent une revue spécifiquement clinique, les Annales de l’anesthésiologie française. Mais, généraliste, Agressologie reste attentive à des originalités qui trouvent rarement l’occasion de se manifester dans d’autres publications. Ce qui a conduit assez rapidement à consacrer des numéros à thème. certains resteront épisodiques, trop particuliers ou suffisamment en avance pour que le relais soit pris ultérieurement par d’autres : Analyse automatique du signal électrobiologique; Consultation d’anesthésie ; Anesthésie électrique ; Acupuncture en anesthésie ; Monitorage EEG de l’anesthésie… D’autres, comparatifs, se veulent au service desréanimateurs-anesthésistes utilisateurs de matériels (…). Certains assumeront les publications de sociétés trop jeunes pour avoir leur propre journal (…).

Cette aventure de trente ans ne serait plus possible aujourd’hui sous cette forme. Elle a permis à l’équipe rassemblée autour de LABORIT d’exprimer des résultats et des opinions en marge des convenances : avantage dans la mesure où persistent des traces qui auraient disparu sans cela ; inconvénient en soustrayant cette équipe aux règles impératives de Comités de lecture dont le travail contribue à l’édification d’une pensée partagée sinon conforme ». »

 

En terminant, pour ce qui est du labo de Laborit à l’hôpital Boucicaut qui reçut le nom de « Laboratoire d’eutonologie », l’un des panneaux de l’exposition itinérante qui fut lancée en octobre 2000 sur la vie et l’oeuvre de Laborit y est consacré. Lors de mon premier passage au fonds d’archives Laborit à l’université Paris XII Val-de-Marne, à Créteil, j’ai pris quelques photos de ce panneau : 1) vue générale; 2) texte de présentation des labos; 3) photo des deux labos; 4) détail de la photo du premier labo où l’on voit le début du mot « Eutonologie » sur la porte !

 

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