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Colloque Laborit octobre 2000 : Le défricheur

Jacques-Robin

Jacques Robin

Tel qu’annoncé, puis retardé, voici donc la première contribution au Colloque Henri Laborit qui a eu lieu au Collège de France le vendredi 13 octobre 2000 sous le titre “De l’hibernation artificielle à la psychopharmacologie”. Les actes de ce colloque ont été publiés dans le Tome 29 de “Médecine et Armées”, no 3, mai 2001. Après une première page biographique sur Laborit, il s’ouvre p.285 avec un article de Bernard Calvino présentant la structure du colloque et les contributions de chacun.e des participant.es.

Le premier texte au bas de la p.286 est donc de Jacques Robin et s’intitule “Le défricheur”. Comme vous pouvez le lire en cliquant sur le lien précédant, il s’agit d’une mise en contexte brève mais très bien informée du passage de Laborit dans le Groupe des dix initié par Robin lui-même, Edgar Morin et Robert Buron. Aux dires de Robin, Laborit fut un élément incontournable de cette aventure :

“Pour construire les ponts nécessaires, il fallait des esprits défricheurs et imaginatifs. Henri Laborit représentera l’un des plus performants.”

“[…] en 1967, nous sommes impressionnés par ses thèses et nous décidons d’en discuter plus avant. […] Henrei Laborit apporta une contribution essentielle à la fécondation mutuelle des participants.”

J’avais déjà créé une fiche sur le livre Le groupe de dix, ou les avatars des rapports entre science et politique (Editions du Rocher, Monaco, 1997) de Brigitte Chamak, qui raconte toute cette aventure. Fiche qui se terminait par quelques liens sur Jacques Robin sur lequel j’aimerais revenir car c’est quelqu’un qui avait de grandes qualités de rassembleur. Et cette capacité à amener différentes personnes à partager et à confronter leurs idées a fait parfois se croiser des chemins qui ont un intérêt particulier pour ce site…

Je pense par exemple à Jean Zin, qui a par ailleurs beaucoup écrit sur Laborit, et dont la rencontre avec Jacques Robin en 2000 fut marquante, comme il le relate sur cette page.

“Ce que je lui dois le plus, c’est d’avoir compris en quoi la rupture de civilisation que nous connaissons trouvait son origine dans l’opposition de l’ère de l’information et de l’ère de l’énergie, systématisant les réflexions d’Henri Laborit (dans “La nouvelle grille ” notamment).”

Mais je pense aussi surtout à cette page qui reproduit un extrait du dernier livre de Jacques Robin, “L’urgence de la métamorphose, où il présente son parcoursl’ayant mené du Groupe des Dix, au CESTA, au GRIT et à Transversales Science Culture. Et en particulier à cet extrait :

“Parallèlement fut fondé, en 1982, le Groupe Science Culture placé sous la co-présidence d’Henri Atlan, Jean-Pierre Dupuy et Jacques Robin. Trois départements se mirent en place autour de chercheurs de haut niveau :

le LDR (Laboratoire de la Dynamique de Réseaux) s’orienta vers des recherches sur la formalisation et la simulation des systèmes complexes, avec Henri Atlan, Von Förster, Maurice Milgram, Françoise Fogelman, et Gérard Weisbusch ;

le CREA (Centre de Recherche en Épistémologie et Autonomie) lié à l’École Polytechnique, renforça les réflexions sur les concepts d’autonomie et de complexité. Sous l’impulsion de Jean-Pierre Dupuy, les travaux sur l’autonomie se multiplièrent avec les apports entre autres de Isabelle Stengers, Daniel Andler, et Francisco Varela… ;

le GRI (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire) fut chargé d’animer des réunions plus “ouvertes” autour de trois thèmes centraux : l’impact des technologies informationnelles, les questions liées à l’évolution biologique, et les concepts d’autonomie et de complexité.

De nombreux débats eurent lieu. Parmi les participants à ces débats, citons, parmi d’autres, René Passet, Jean-Pierre Changeux, André Bourguignon, Henri Atlan, Edgar Morin, Joël de Rosnay, Cornélius Castoriadis, Isabelle Stengers, Albert Jacquard…”

Bien des grands noms, mais un qui a une signification toute particulière ici, celui de Francisco Varela, personnage du film associé à ce site ! En effet, comme je l’explique dans la section sur le pourquoi du film, c’est une certaine rencontre entre Laborit et Varela, en 1992, qui est justement l’un des points de départ de ce film…

Ah oui, et le plus formidable, c’est que c’est Jean-Pierre Dupuy qui a favorisé le travail de Varela au CREA, lui-même influencé, on le voit ici, par Jacques Robin qui avait déjà approché Laborit pour le Groupe des dix. Robin, personnage ressembleur, disions-nous ?

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