Au Québec/L’Alchimie de la découverte

Organisation générale du cerveau humain : ce que Laborit avait bien vu

doglialconne

Comme je l’ai expliqué ici, je donne cet automne un cours sur la cognition incarnée à l’UQAM. Chaque lundi, je publie dans le blogue du Cerveau à tous les niveaux un résumé de la séance que je donne le mercredi suivant. Et chaque vendredi, je fais ici des liens entre le travail de Laborit et le thème de la semaine (les présentations des séances du cours en format pdf sont disponibles ici).

La séance de cette semaine intitulée « Le cerveau humain : développement, communication et intégration neuronale, organisation générale » abordait donc plusieurs sujets, mais s’il fallait n’en retenir qu’un où Laborit a été un précurseur ce serait sans doute les cellules gliales (en jaune sur le dessin ci-dessus).

En effet, dès les années 1960, Laborit s’est intéressé aux cellules gliales qui reçoivent aujourd’hui l’appellation de « l’autre moitié du cerveau » tellement on commence à s’apercevoir qu’elles contribuent à la communication neuronale. On est donc loin du simple rôle de support qu’a inspiré leur nom. La “névroglie”, comme on appelait souvent les cellules gliales du temps de Laborit, vient du mot grec γλοιός (gloios), « gluant », une étymologie rappelant le rôle de « colle » ou de simple remplissage qui leur avait été originellement attribué. Et même jusqu’à il y a quelques décennies, le rôle qu’on reconnaissait aux cellules gliales en était surtout un de nutrition par rapport aux neurones, alors qu’on sait aujourd’hui qu’elles ont de nombreuses autres fonctions, notamment en communiquant et en synchronisant l’activité de vastes assemblées de neurones.

Or Laborit avait fait à cette époque, où toute la neurophysiologie était encore construite uniquement sur l’activité du neurone, certaines observations qui ont animé ses recherches durant une bonne décennie (j’en parle dans la dernière section de ma présentation Les intuitions de Laborit sur le cerveau, accessible en pdf ici). Laborit s’était aperçu que le neurone dépense une énergie considérable parce qu’il doit sans arrêt produire des influx nerveux. Il est très chargé en mitochondries et dès qu’on arrête l’oxygène ou l’apport en glucose, il meurt.

À l’opposé, il avait noté que la cellule gliale avait peu de mitochondries et une voie des pentoses bien développée orientée vers la récupération. Laborit avait alors fait l’hypothèse qu’en stimulant la voie des pentoses de la cellule gliale, on pourrait peut-être augmenter indirectement les possibilités de récupération du neurone.

Et c’est la recherche d’une telle molécule capable de stimuler la voie des pentoses de la cellule gliale qui l’amena à découvrir le fameux gamma-OH. Mais ça, c’est encore une autre histoire racontée entre autres dans l’Alchimie de la découverte

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