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La cognition incarnée, ou ce que Laborit aurait fait au XXIe siècle

cerveau-main

Après mon plan de match de cet été, je voudrais aujourd’hui vous faire part de mon « plan de match pour l’automne ». Car après avoir rendu accessible durant l’été la riche collection de matériel audio et vidéo que m’avait envoyée M. Patrice Faubert, l’automne s’annonce assez différent pour moi, et donc pour vous…

C’est que je me suis fait offrir pour cet automne une charge de cours à l’université du Québec à Montréal (UQAM). Une offre que je ne pouvais refuser puisqu’il s’agit d’un séminaire en sciences cognitives intitulé « la cognition incarnée ». Autrement dit, on me laisse parler de ce que je connais (un peu) et dont je traite dans Le cerveau à tous les niveaux depuis 14 ans, c’est-à-dire à peu près la même chose que ce que Laborit appelait à son époque la « biologie des comportements ».

Avoir le privilège d’être payé pour discuter des avancées contemporaines dans un domaine où Laborit a été un pionnier, autrement dit goûter un peu ce qu’il faisait au lieu de raconter sa vie, c’était pas mal dur à refuser. Mais comme c’est quand même un gros défi pour moi, je vais mettre toutes les chances de mon côté et me consacrer pratiquement exclusivement à cette tâche durant l’automne. Par conséquent, je vais devoir interrompre temporairement l’ajout de matériel sur Éloge de la suite jusqu’au début de 2017.

MAIS ! Mais je ne vous abandonne pas pour autant, connaissant le caractère hautement addictif qu’ont les réflexions de Laborit mises sur ce site pour certaines personnes… ;-P Deux choses vont en effet nous permettre de garder contact.

Je vous promets d’abord un « clin d’œil » par rapport à la suite du film Sur les traces d’Henri Laborit pour le 2e anniversaire du site le 21 novembre prochain. J’ai dû en effet aussi, au cours des derniers mois, suspendre temporairement le montage de cette deuxième partie du film pour préparer mon cours. Le montage sera donc également en attente cet automne durant le cours, mais j’essaierai de mettre le 21 novembre un extrait du matériel qui s’en vient dans cette seconde partie pour vous mettre l’eau à la bouche.

Ensuite, comme vous pouvez le lire dans mon billet de blogue du Cerveau à tous les niveaux de lundi dernier, je tenterai d’y résumer à tous les lundis les grandes lignes du cours que je donnerai le mercredi suivant. Et comme beaucoup d’aspect de ces résumés auront des liens avec les travaux de Laborit, je tenterai ici, sur Éloge de la suite, de les souligner. Je ne sais pas s’il y aura quelque chose à dire à chaque semaine, et si j’aurai le temps de faire ces rapprochements sur une base hebdomadaire, on verra à l’usage, comme on dit…

Après pas loin de 150 articles publiés sur Éloge de la suite depuis son ouverture en novembre 2014 pour le centenaire de la naissance d’Henri Laborit, voilà donc le petit virage que prendra le site au cours des prochains mois. Sans être une « fuite » de quoi que ce soit, je crois bien que vous comprendrez l’importance pour moi de saisir cette occasion. Après tout, mon intérêt pour Laborit m’était venu, au tournant de la vingtaine, d’un désir de mieux me comprendre. Sa curiosité et ses recherches jusqu’à la toute fin de sa vie m’ont ensuite accompagné et ont constamment enrichi ma compréhension de mon monde intérieur et du monde social qui m’entoure. Consacrer un peu plus de temps pour comprendre quels sont les travaux qui, aujourd’hui, peuvent satisfaire le même besoin, me semble participer du même élan.

Le grand physicien Richard Feynman aurait dit sur son lit de mort (outre le fait qu’il ne voudrait pas mourir deux fois parce qu’il trouvait ça ennuyant…) qu’il donnerait cher pour avoir accès à une simple monographie générale de physique du XXII ou XXIIIe siècle, juste pour voir où les connaissances dans son domaine seraient rendues. Je crois que, connaissant la soif de savoir de Laborit (qui s’était même aventuré du côté du cosmos avec Dieu ne joue pas aux dés), l’idée ne lui aurait pas déplu non plus. À défaut du XXII ou du XXIIIe siècle, on pourra au moins évoquer ici dans les prochains mois quelques avancées des sciences cognitives en ce début de XXIe siècle…

Une réflexion sur “La cognition incarnée, ou ce que Laborit aurait fait au XXIe siècle

  1. Un très grand merci Bruno. Je suis maintenant encore plus addict. 🙂 Henri Laborit et Richard Feynman avaient bien des points en commun selon moi aussi.

    Bonne automne

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