Entrevue à Radio-Libertaire/Niveaux d'organisation

Une autre émission Humeurs avec Laborit à Radio-Libertaire (1ère partie)

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Tel qu’annoncé dans mon plan de match, on continue aujourd’hui avec les premiers trois quart d’heure d’une seconde émission Humeurs enregistrée à Radio Libertaire à l’automne 1985 et animée par Gérard Caramaro. Cette seconde émission eut lieu deux semaines après celle que l’on a terminée la semaine dernière, comme on l’apprend au début de l’enregistrement que voici :

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On y apprend d’abord que Laborit revient de Grèce où il a donné une conférence sur les bases biologiques des comportements sociaux. Caramaro le questionne donc sur ses habitudes de conférenciers. Laborit explique qu’il se déplace maintenant surtout quand il y a plusieurs centaines de personnes, par pur souci d’efficacité de diffusion de son message. Sa motivation lui venant de l’impact possible de ce message, bien qu’il ne se fasse pas d’illusions et que sur 4 milliards d’individus sur la Terre à ce moment-là, il n’en rejoint vraiment que très peu…

« Où en est le travail ? », lui lance ensuite Caramaro, en toute familiarité. Laborit répond qu’il travaille sur des trucs « horriblement complexe », et rappelle encore une fois que ce ne sont pas les molécules qu’il peut faire breveter qui l’intéressent, mais les mécanismes du vivant que ces molécules lui permettent de confirmer.

On revient ensuite sur les lettres de prisonniers que Laborit reçoit fréquemment. La raison en est, croit Laborit, qu’ils ne sont pas très bien dans leur peau et qu’ils ont souvent des idées neuves sur ce que leur vie ou la société pourrait être.

On effleure la question de la violence et de son inefficacité, abordée la semaine dernière, auquel il ne voit que la connaissance, même superficielle, comme alternative. On dit ensuite un mot sur la sociobiologie de Wilson, sujet où Laborit s’était déjà exprimé en 1982 lors de son entretien avec les jeunes biologistes de la revue Raison Présente.

Une question des auditeurs de l’émission se réfère ensuite à l’une des 4 émissions sur autant de livres de Laborit enregistrée plus d’un an auparavant au même endroit. Elle porte sur les nombreuses « recettes » de vitamines et d’antioxydants que Laborit prenait régulièrement (depuis au moins 25 ans, mentionne-t-il à Caramaro…) et dont il n’hésitait pas à partager les dosages. Mais il insiste pour dire que ce qui importe peut-être plus que ce qu’on ingurgite, ce sont les rapports sociaux qu’on entretient aux niveaux d’organisation supérieurs et qui font qu’on évite l’inhibition de l’action si dommageable pour l’organisme.

À propos du vieillissement, malgré qu’il avoue ne pas appliquer lui-même à la lettre les meilleurs conseils pour la santé, il rappelle qu’il est toujours motivé et intéressé par la vie à 71 ans, qu’il travaille autant que dans la quarantaine, et qu’il a l’impression « qu’on n’a pas le temps de vieillir quand on fait ça… ».

C’est toutefois sur la question de la jeunesse que se termine cette partie de l’émission, Laborit manifestant de toute évidence de la sympathie pour les jeunes qui disent non aux rapports de domination que leur propose la société. Mais il s’inquiète que ceux qui la rejettent en bloc ne puissent pas bénéficier des connaissances millénaires qui se sont transmises au fil des générations et qui constituent notre savoir commun. C’est pour ça, ajoute-t-il, que personnellement il est à peu près toujours en train de lire un bouquin sur la préhistoire, pour voir comment le rapport milieu / être humain nous a de tout temps façonné.

À suivre…

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