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Un éloge de la suite de l’oeuvre de Laborit qui se poursuit depuis trois ans

Il y a trois ans et trois jours, le 21 novembre 2014, Henri Laborit (décédé en 1995)  aurait eu 100 ans. C’est cette date symbolique que j’avais choisie pour lancer ce site web qui se voulait à l’origine une simple vitrine pour mon film « Sur les traces d’Henri Laborit » alors encore en montage et sorti en février 2016.

Or il s’est passé quelque chose que je n’avais pas prévu : ce site est rapidement devenu LE site de référence sur l’œuvre de Laborit ! Essentiellement parce que les gens se sont mis à m’envoyer toutes sortes de documents écrits et d’enregistrements audio ou vidéo sur Laborit pour les rendre accessibles sur le site. Chose que j’ai faite du mieux que j’ai pu avec le temps que j’avais…

Aujourd’hui, c’est plus de 300 personnes qui visitent le site quotidiennement et je commence à peine à voir la fin des documents à mettre en valeur ! Sans compter ceux qui risquent de continuer d’arriver… 😉

Pour aujourd’hui, je vous propose donc une petite macédoine de divers petits trucs qui trainaient dans mes dossiers depuis un certain temps.

Pour faire suite au billet d’il y a deux semaines sur le manuscrit du récit écrit par Laborit sur le naufrage du Siroco, je voudrais d’abord retranscrire ici un certain nombre de commentaires fort touchants qui ont été envoyé sur le site autour de cet événement par des gens dont le père ou le grand-père avait été impliqué dans ce terrible naufrage (ils apparaissent au bas du billet où j’avais retranscrit des extraits du récit de Laborit). Je les recopie du plus récent au plus ancien, sans corriger quoi que ce soit, pour garder l’émotion et peut-être le caractère spontané de leur écriture.

20 novembre 2017 :

bonsoir,
c’est avec une grande émotion que j’ai lu ce récit terrible relatant la fin tragique de ces jeunes soldats lors du bombardement du « Sirocco » et le sauvetage de Mr Laborit. Mon oncle Pierre Lavedan y a trouvé la mort ce 31 mai 1940 comme tant d’autres..je ne connaissais pas les détails de sa disparition,. Merci à vous Monsieur,

19 novembre 2017 :

Mon père est resté accroché à un espa durant jour avec d’autres rescapés. Il les a vu coule les uns derrière les autres.il à recueilli par les allemands et à été hospitalisé à Dunkerque.
Je n’en sais pas plus. Il était quartier maître mecaniche
.
Ils appelait augustin kelle’ décédé le 1er janvier 1966.

25 août 2017 :

Mon grand oncle Félix Chaumeil à disparu dans cette tragédie ma grand mère qui était sa sœur ne l’a jamais retrouvé même en faisant des recherches.

12 août 2017 :

Très émouvant. Mon grand père Robert Viollet est mort sur le Sirocco. Mon père n’avait pas encore deux ans..

31 juillet 2017 :

Merci pour ce recit.
Mon grand pere Joseph Martin peri ce soir la dans le siroco.
Mon pere qui etait ne qq mois apres la mobilisation n a jamais connu son pere.

Quelle tristesse qui resiste au temps.

25 juillet 2017 :

Mon arrière grand père était l’officier canonnier André Morel, merci d’avoir partagé un morceau de son histoire.
Il a disparu le 5 juin 40.

28 avril 2017 :

mon grand père était à bord, il était radio. il a périt en mer, laissant mon père alors âgé de 5 ans… sans père. Mon père est décédé il y a 6 mois, sans jamais avoir su vraiment ce qui était arrivé. si vous avez des photos de l’équipage radio, je serait interessé.
Merci d’avance

3 janvier 2017 :

bonjour, je suis très ému de vous lire , car je découvre ce que mon Père quartier maitre chef mécanicien a bord du torpilleur SIROCCO a vécu dans ce drame de guerre MAI 1940 .
il ne parlait jamais des détails tellement ça été dur et terrible pour lui.
les plus hautes distinctions lui ont été décernées a bord , et la médaille de la ville de DUNKERQUE trône fièrement chez nous .
voila il nous a quitté en 2003 avec des centaines de photos prises a bord .

12 mai 2016 :

C’est avec émotion que je découvre cet article, en effet mon grand père était de la traversée ce terrible soir. Gabier sur le Sirocco, il aura eu la chance de s’en sortir et aura certainement croisé le destin du Dr Laborit.
J’ai le souvenir de mon grand père m’apprenant a faire la planche alors que je devais avoir 4ans : « pendant la guerre, papy il a fait la planche » me disait il sans se glorifier…
Je file de ce pas acquérir ces mémoires.

Et un dernier, reçu le 14 août 2015, qui actualise le propos :

L’horrible guerre….. ce récit est glaçant.

Cela me fait penser à une autre guerre, où ce ne sont pas des bateaux qui coulent, mais des embarcations débordantes de gens à la recherche d’un peu de sollicitude, mais dont les eaux glacées de la mort en emportent une trop importante partie.
Mais ce n’est pas le lieu…..

 

Pour enchaîner sur la même thématique, mais sur une note beaucoup plus légère, cette anecdote, publiée celle-là au bas d’un texte de David Batéjat sur le site web « Les Crises » pour souligner lui aussi le centenaire de la naissance de Laborit en novembre 2014 :

Tout ce que je peux dire sur Henri Laborit, c’est que je l’ai rencontré à plusieurs reprises : Il était simplement un très vieil ami de mes parents…

Juste pour les lecteurs de ce blog : Une petite info que personne ne connaît :

Henri Laborit a commencé sa carrière comme médecin militaire dans la marine.
Durant la seconde guerre mondiale, il a très rapidement rejoint De Gaulle à Londres avec tout l’équipage du bateau sur lequel il servait (et le bateau aussi).

Ils sont restés longtemps à quai et s’ennuyaient avec pour seule occupation de briquer le pont.

Ils décidèrent d’envoyer un “message humoristique” aux anglais pour leur faire comprendre qu’ils souhaitaient participer à l’action.

L’un d’entre eux (j’ai oublié son nom) eût l’idée d’aller acheter du gazon en rouleau (ça existait déjà en Grande-Bretagne à l’époque) et ils l’ont déroulé sur le pont du bateau pour que les anglais comprennent que le bateau était plus un centre de vacances qu’un navire de guerre…

Le lendemain matin, à leur réveil, ils ont eu une réponse cinglante à leur “provocation” : Les anglais avaient tout simplement amené pendant la nuit quelques vaches pour les faire paître sur le pont !!!

Cette histoire est authentique. Henri Laborit me l’avait lui-même racontée dans ma jeunesse.

Les temps étaient durs, c’était la guerre, mais ils savaient bien se marrer à l’époque !!!

 

Et pour conclure, je laisserai la parole à Laborit avec ce « mème » d’une de ses citations qui, contrairement à tous ceux de ma section citation, n’a pas été fait par moi…

3 réflexions sur “Un éloge de la suite de l’oeuvre de Laborit qui se poursuit depuis trois ans

  1. J’ai lu tous ces commentaires pas plus tard que la semaine dernière, toute étonnée d’y trouver mon nom. J’avais oublié. Je me suis arrêtée sur chaque commentaire. Très touchant.
    Née en 52, je n’ai pas connu la guerre et on aurait dit que les bouches étaient closes, comme un sujet clos ! Personne n’en parlait, les souffrances, les malheurs, la tristesse, chacun la gardait pour soi.
    La seule chose que ma mère m’a raconté, c’est que lorsqu’on faisait « péter » les bombes dans les montagnes, elle nous mettait des oreillers sur les oreilles. Puis mon père nous emmena visiter Verdun, le Fort de Vaux, de Douaumont, l’ossuaire, mais sans histoire cela ne représentait pas grand chose dans nos têtes de mômes. Plus près, il y avait aussi le Plateau des Glières, haut lieu de la résistance, où nous allions pique-niquer.

    Lorsque j’eus l’âge d’entrer au lycée, j’ai refusé les cours d’histoire, arguant que l’on ne nous parlait que des rois et des reines et que cela ne m’intéressait pas, c’était l’histoire récente, celle vécue par ma famille que je voulais connaître, celle dont les larmes avaient laissées sur les visages.

    C’était une autre histoire, un autre temps. Pourtant, aujourd’hui encore, les bombes tombent, ailleurs, décimant des milliers de personnes innocentes. Qu’importe, les marchands d’armes se frottent les mains, l’argent rentre à flots et vite on le cache afin que personne ne le vole, dans un paradis si possible.
    Eternel recommencement.

    Merci Bruno.

  2. Merci Bruno pour ton travail remarquable et j’espère que nous aurons l’opportunité de nous rencontrer.
    A quand une école Henri Laborit dans laquelle on apprendrait aux enfants leurs déterminismes et où l’on imaginerait comment sortir du chaos actuel ?
    Prêt si d’autres veulent démarrer !

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